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Et si nous étions en train de perdre le réel ?

  • Photo du rédacteur: Maryline Perenet
    Maryline Perenet
  • 1 juin
  • 4 min de lecture

L’autre soir, je suis sortie du cinéma avec une sensation étrange.


MAY 13, 2026

Comme si quelqu’un m’avait prise dans ses bras pendant deux heures.

La veille de mes 50 ans, je suis allée voir Juste une illusion. Et pendant tout le film, j’ai eu l’impression de retrouver quelque chose que nous sommes peut-être en train de perdre.

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Pas “les années 80” version nostalgie facile 😅


Non.

Une manière d’habiter le monde.

Le téléphone fixe dans l’entrée. Les silences. L’attente. Les repas qui durent. Les trajets avec mon Walkman. Les familles imparfaites mais profondément présentes.


Et alors fou rire : ich liebe dich François m’a replongée dans mes 7 années d’allemand 😭😂

À l’époque, on attendait qu’un téléphone sonne pour entendre la voix de quelqu’un qu’on aimait.

Et cette attente faisait partie du désir.

Aujourd’hui ?

📱 Notifications. 📩 Messages. 🎥 Vidéos. ⚡ Dopamine.

Nous sommes partout.

Sauf là.


🧠 L’insight clé


Notre cerveau n’a jamais été exposé à autant de stimulations simultanées.

Et ce bombardement permanent n’est pas neutre.

Chaque notification active les circuits dopaminergiques liés à l’anticipation et à la récompense. Chaque interruption fragmente notre attention. Chaque micro-stimulation réduit notre capacité à rester profondément engagés dans une pensée, une conversation… ou une émotion.

Selon plusieurs études en neurosciences cognitives, il peut falloir plus de 20 minutes au cerveau pour retrouver un niveau de concentration profond après une interruption.

Le problème n’est donc plus seulement technologique.

Il devient neurologique. Et presque existentiel.

Car lorsque l’attention se fragmente en permanence, c’est aussi notre rapport au réel qui s’amenuise.



💡 Ce qui se passe réellement dans le cerveau

Le cerveau humain n’a pas été conçu pour traiter un flux continu de sollicitations.

Il a besoin de lenteur pour consolider la mémoire. De silence pour créer du sens. De vide pour laisser émerger la pensée.

Or aujourd’hui, nous remplissons chaque micro-espace :

dans une file d’attente, dans un ascenseur, dans les transports, même en marchant.

Le moindre instant de vide devient inconfortable.

Pourquoi ?

Parce que le cerveau moderne s’est habitué à un niveau de stimulation extrêmement élevé. Et comme toute boucle dopaminergique, il lui faut toujours davantage pour ressentir le même niveau d’intérêt.

Résultat :

  • moins de concentration profonde ;

  • moins de présence émotionnelle ;

  • moins de capacité contemplative ;

  • moins d’écoute réelle ;

  • et parfois, une étrange sensation de déconnexion intérieure.

Comme si nous vivions davantage en réaction au monde… qu’en expérience réelle du monde.



🚀 Application business

Ce phénomène touche aussi les dirigeants.

Nous croyons souvent que la performance vient de la rapidité de réaction. Mais les décisions les plus stratégiques émergent rarement dans la surcharge cognitive.

Elles émergent dans les espaces de recul.

Un leader constamment interrompu finit par gérer des flux. Plus des visions.

Et dans beaucoup d’entreprises aujourd’hui, le vrai risque n’est pas le manque d’informations.

C’est la disparition de l’attention profonde.

Or sans attention profonde :

  • il n’y a plus de créativité stratégique ;

  • plus de discernement ;

  • plus d’intuition fine ;

  • plus de conversations de qualité ;

  • plus de présence réelle aux équipes.

Dans un monde saturé, protéger son attention devient une compétence de leadership.

Et peut-être même un avantage concurrentiel.



⚡ 3 actions concrètes pour réapprendre le réel


1. Réintroduisez volontairement du vide

Ne remplissez plus automatiquement chaque moment libre.

Marchez sans téléphone. Attendez sans écran. Laissez votre cerveau respirer.

C’est souvent dans ces moments que reviennent les idées les plus profondes.


2. Créez des espaces sans interruption

90 minutes sans notifications valent parfois plus qu’une journée entière de multitâche.

Le cerveau a besoin de continuité pour accéder à la pensée complexe.


3. Redevenez pleinement présent dans vos conversations

Écouter sans regarder son téléphone est devenu rare.

Et donc précieux.

La qualité de notre attention détermine souvent la qualité de nos relations.


🤍 Une idée à retenir

Je crois profondément que les prochaines années vont nous obliger à réapprendre :

à nous ennuyer, à contempler, à ralentir, à protéger notre attention comme un bien précieux.

Parce que dans un monde conçu pour capter notre cerveau en permanence, l’attention devient peut-être un acte de résistance.

Et la veille de mes 50 ans, je me suis demandé si le vrai luxe des prochaines années ne serait pas simplement :

Être pleinement là.


💬 Et vous ?

Quel est le dernier moment où vous avez ressenti une vraie présence ? Un instant sans distraction. Sans notifications. Sans ailleurs.

🎤 Ce sont précisément les sujets que j’explore aujourd’hui en conférences et en bootcamps dirigeants :

🧠 attention et surcharge cognitive ⚡ leadership dans un monde hyperstimulé 🌿 neurosciences, présence et clarté mentale 🚀 comment rester humain, lucide et profondément vivant dans un environnement qui accélère sans cesse

Parce que la performance durable ne se joue plus uniquement dans la stratégie. Elle se joue aussi dans notre capacité à protéger notre cerveau, notre attention… et notre qualité de présence.


Maryline 🌿


 
 
 

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